Oui, mais c’est aussi beaucoup (plus ?) de l’entraînement et surtout des trucs de techniques à rechercher inlassablement pour se perfectionner et ne pas rester dans les mêmes bégaiements.
J’étais donc en stage ce week-end pour aborder courageusement (il en faut) la peinture des végétaux dans les enluminures plus récentes (début du 16ème siècle).
Ce ne sont pas les enluminures que je préfère, elles sont presque trop sophistiquées pour moi. J’aime les enluminures anciennes, naïves et mal dégrossies (il serait plus juste de dire « paraissant » mal dégrossies quand je vois le mal que j’ai à les reproduire).
Mais j’étais contente d’apprendre cette nouvelle technique qui de toutes façons me reservira dans bien des cas.
J’ai choisi ce modèle 

Première bonne surprise : le fond qui paraît orangé est en fait peint avec de l’or en poudre (ou en barre, moins cher, ou en or minéral, carrément bon marché)
Une fois qu ‘il est posé, le résultat est vraiment très beau. On est bien dans l’enluminure. J’étais contente d’être venue.
Ensuite les fonds.
Notre prof, Béatrice, enlumineuse chevronnée et chercheuse infatigable des méthodes médiévales de l’enluminure, nous explique comment poser la couleur du fond : « Une consistance de votre pigment, vous voyez, dense, mais en même temps léger ; assez transparent pour voir vos traits, mais pas trop délayé, enfin vous voyez… » Pas facile d’expliquer avec des mots un « coup de main » ; pour le moment, on ne voit pas grand chose.
Heureusement, elle passe inlassablement de l’une à l’autre et nous montre par un coup de pinceau et la parole comment procéder. C’est le meilleur des cours.
Cela dit, moi aussi, j’essaie de lui corriger ses défauts : elle a la fâcheuse manie de sucer son petit pinceau pour l’humidifier « juste ce qu’il faut » pour estomper les traits trop nets. Quand on sait que la plupart des pigments naturels sont toxiques, elle va finir par attraper une maladie. Mais j’ai bien du mal ! Quand un mauvais pli est pris, c’est dur de se corriger.
Il faut broyer très très finement les pigments (plutôt deux fois qu’une) étant donné la finesse du travail demandé ; l’enluminure , c’est aussi toute une cuisine !
Puis, toujours sur ses indications, je démarre la peinture des baies. J’ai choisi une branche de « fragon » ; il semble que cela s’appelle « ruscus » maintenant, qui est une sorte d’arbuste qui peut être comparé au houx, mais sans les feuilles piquantes et qui donne des baies rouges (toxiques). Vous ne me croirez pas, il y a 5 couleurs différentes à utiliser pour réussir une baie bien appétissante qu’on n’a pas le droit de manger. Sur la photo de mon travail pas terminé, il y a une boule terminée par Béatrice pour que sache la marche à suivre ; vous saurez la reconnaître, je dois finir les autres de la même manière.
Idem pour les feuilles.
Pareil pour le papillon.
Il va falloir que je m’y remette. J’ai bien encore deux jours entiers de
travail dessus.
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