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Bienvenue sur beatus.vir.

Du latin beatus, heureux et vir, l’homme.

Les « B » richement enluminés étaient l’initiale d’une phrase qui commençait les livres saints ; « Heureux l’homme qui écoute la parole de Dieu ».

Comme l’homme heureux est un bon programme pour la vie, j’aime ce titre pour mon blog.

Je parlerai ici d’enluminures, mais aussi de tout ce que j’aime et qui me fait « bouger » ; les thèmes sont en dessous , et ils peuvent changer au gré de mes coups de cœur.

Bonne visite !


 

 






Texte libre

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Vendredi 24 août 2007

 


Après avoir peint des petits médaillons représentant le Verseau, les Poissons et le capricorne, je viens de faire le Bélier.

 

Je l’ai peint deux fois : un exemplaire est à la même échelle que les trois précédents, mais l’autre, j’ai voulu le faire à l’échelle normale du manuscrit où on le trouve.

 

C’est tout, tout petit !! (3,5 cm de diamètre). Il y a un fond « à damiers » (classique en enluminures) où les petits carrés font 1 mm de côté…. Et le peintre a trouvé quand même le moyen de faire un petit point blanc au centre de chaque carré de couleur.   Pas du tout évident, mais ça m’a fait un bon entraînement, et cela me permet de me rendre compte à quelle échelle les enlumineurs travaillaient.

 

On trouve quantité de signes du zodiaque dans les livres l’heures du moyen âge, je vais puiser là-dedans pour faire des séries complètes .

Dans ces livres de prières,  il y avait une partie « calendrier » et on trouve très souvent des miniatures en marge sur les travaux des champs et/ou les signes du zodiaque du mois en cours.

par zab publié dans : enluminures
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Mercredi 22 août 2007


Je voudrais rebondir sur un commentaire que j’ai eu de Christophe concernant l’histoire de la Tour de Babel :

Il disait en gros que c’était typiquement l’histoire de la culpabilisation de l’Eglise à l’égard des hommes (sous couvert de loi divine, bien sûr).

 

J’ai cherché un peu avant de répondre à cette remarque qui ne me paraissait pas évidente (quoique je sois réceptive  aux arguments des uns et des autres) et j’ai cherché tout ce que je pouvais de traductions de la Genèse (d’où l’histoire de la tour de Babel est tirée) pour me faire une idée.

Aucune traduction ne parle de « punition » de Dieu aux hommes qui auraient été trop orgueilleux, ce qui était quand même ce qu’on m’expliquait quand j’étais plus jeune .

 

Non, l’histoire dit plutôt que Dieu voyait d’un mauvais œil cette construction d’une grande ville « universelle » et d’une immense tour parce que les hommes risquaient de lui faire de l’ombre…. Bref, Il était jaloux, et pour ne pas perdre son pouvoir sur les hommes, Il décida de vouer à l’échec cette entreprise en les faisant tous parler des langues différentes.



 

Autrement dit, diviser pour régner…

"Quiconque s'agenouille devant Dieu se façonne à se prosterner devant un roi."  (Joseph Joubert / 1754-1824 / Carnets, tome 1).  On peut faire dire à Dieu ce qu’on veut, Il ne viendra pas nous contredire….  Alors, le mieux est encore de relire le vrai texte et se faire une idée par soi-même, et lire les commentaires des uns et des autres, mais pas comme « parole d’évangile » !


J’espère n’avoir choqué personne.  Je serais contente d’avoir vos réactions. Il faut dire que la peinture d’enluminures m’amène forcément aux textes bibliques et que je ne peins pas « dissociée du contexte », mais c’est cet aspect-là aussi qui m’intéresse dans cette peinture.

 

par zab publié dans : enluminures
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Mardi 14 août 2007
Voilà.

J'ai terminé la calligraphie enluminée de la "Babel turo", la Tour de Babel en espéranto.









Depuis le temps que je voulais la faire.









Je vous en mets quelques photos, en vrac.

 





par zab publié dans : enluminures
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Vendredi 13 juillet 2007

Dimanche prochain, c’est le deuxième marché de l’art à Ste Savine.

Comme le premier est tombé à l’eau, j’espère que celui-là sera ensoleillé (je mettrai un chapeau !).

En attendant, il y a eu trois encadrements qui ont souffert de la pluie l’autre jour et qui étaient bon à refaire.

Ceux qui n’ont pas « tenu » sont en fait des encadrements recouverts de papier « ordinaire », joli et fantaisie, mais de toute évidence pas fait pour ça (c’était du papier de Noël ). L’eau les a décollés, le transport les a défraîchis sur les coins. J’ai donc recommencé.

Ce n’était pas un gros travail : les baguettes de bois, une fois débarrassées du vieux papier qui se décolle facilement sous l’eau chaude, sont recouvertes d’une bande de papier collée de la largeur du tour de la baguette.

Ensuite, on rabat ce qui dépasse de papier à chaque bout de chaque baguette et on colle ; de cette façon, quand les quatre baguettes sont encollées, il n’y a aucun risque de voir le bois brut dans les angles (sauf si on a travaillé comme un cochon, évidemment !)

 


Enfin, on colle les quatre baguettes entre elles et on les emprisonne dans une sangle à 4 coins qui les maintient solidement entre elles le temps de bien coller ; ainsi, on est sûr d’avoir un cadre bien d’équerre et si on ne s’est pas trompé dans les cotes, le paquet viendra se mettre pile poil dans le cadre.


Il vaut mieux.

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Dimanche 1 juillet 2007

Ce ne sont pas forcément celles que je préfère.

Mais je n’ai pas le même point de vue parce que je dissocie toujours l’enluminure de la calligraphie ; or, je m’aperçois que pour la plupart des gens, une enluminure est en fait une page calligraphiée enluminée

Il suffit de le savoir.

Du coup, je vais essayer de faire pour la prochaine fois quelques « pages enluminées » pour varier ma collection ! On verra l’accueil et sur lesquelles se porte l’attention des promeneurs.

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Jeudi 31 mai 2007

Elle s’appelle Delphine.

Elle vient de nous donner son dernier cours pour l’année scolaire.

Elle ne viendra plus parce qu’elle a un gros gros gros ventre tout rond et qu’il faut qu’elle se repose. On est donc en vacances.

J’en profite pour dire ici que mon goût pour la peinture, et le fait que j’ai persévéré et progressé, c’est en très grande partie à elle que je le dois.

En fait, quand on lui présente un travail, elle ne dit jamais que ce n’est pas bien, elle regarde et elle dit : « C’est bien ». Cela dit, je la connais bien maintenant, je sais au son de sa voix et à son air peu enthousiaste que c’est sûrement pas bien du tout, mais je lui suis reconnaissante de ne jamais le dire tout haut, de me laisser une petite porte pour aller vers un peu mieux, comme je le peux, à mon rythme.

Elle dit « C’est bien », et elle continue : « Vous voyez, je vais vous montrer : là, vous pourriez faire un mouvement plus ample, là, vous pourriez moins surcharger en paraphes, ici, c’est trop près, on n’arrive plus à lire. » Et elle me marque tout ça délicatement au crayon et je n’ai plus qu’à recommencer, deux fois, trois fois, jusqu’à cinq fois et que ça nous plaise à toutes les deux.

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Lundi 28 mai 2007

J’ai pris tellement de plaisir à peindre Noë dans son Arche avec ses bestioles et je suis tellement admirative de la page enluminée dont j’ai tiré cette Arche de Noë, que j’ai décidé de peindre les quatre tableaux de la page.

En fait, c’est toute une page genre « BD » qui raconte en quatre images l’histoire de Noë et de son Arche que je ne vous ferai pas l’injure de vous raconter (sauf si vous me le demandez explicitement, bien sûr).

Je vous mets en premier le modèle de cette page pour que vous vous rendiez compte de l'ensemble de la page originale.

 

 


Là, je vous mets la partie que je viens de finir, qui est en fait le début de l’histoire

 

 

 

 


 


 

 


Et là, la suite, que j’avais peinte il y a déjà un bout de temps.





La fin de l’histoire, vous l’aurez…. Plus tard.

Vous trouverez les références à l’adresse suivante :


http://utu.morganlibrary.org/medren/single_image2.cfm?imagename=m638.002v.jpg&page=ICA000077712

 

 

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Jeudi 24 mai 2007

 

Vous allez me dire, ou plutôt vous allez le penser si fort que je l’entendrai : « Vouloir à tout prix faire son enluminure sur parchemin, c’est du snobisme ». En d’autres termes, pour faire plus moderne, « elle se la pète ».

Je vais essayer de vous expliquer pourquoi une belle enluminure se peint sur parchemin.

Je me suis essayée il y a déjà quelque temps à réaliser une page enluminée style « celtique », vous savez, avec des petits monstres tout entrelacés et des motifs fins et délicats dans chaque recoin. C’était un exercice que je savais difficile et je n’ai pas voulu prendre une feuille de parchemin   par peur de la « gâcher ».  Je le regrette vraiment aujourd’hui. Mon enluminure est très belle, mais je ne suis pas contente des couleurs que je trouve ternes, pas contente des détails que j’aurais aimé plus précis, parce que je l’ai réalisée sur papier, et que le papier, quoi que vous preniez comme qualité de papier, ça « absorbe » la peinture.

Elle est très belle quand même, cette enluminure, et je vous la présente avec quelques agrandissements de détails, mais le parchemin a cette énorme qualité qu’il garde les couleurs en surface (ou presque) et que du  coup ces couleurs donnent vraiment tout leur chatoiement, leur luminosité.

Une autre qualité du parchemin, et non des moindres, c’est que dans mille ans, il sera toujours là, et ce que j’aurais mis dessus aussi, si je l’ai posé correctement. Vous n’imaginez pas comme c’est motivant, cette perspective, quand vous passez une bonne semaine sur une enluminure pour qu’elle soit à peu près à votre goût. Je plaisante, bien sûr….

Cela dit, le parchemin a énormément de défauts, mais comme tous défauts, c’est l’envers de qualités :

Il est rarement bien plat, ce qui pose des problèmes parfois pour peindre sereinement. Bien sûr, on essaie de le domestiquer : on l’humidifie, on le fixe sur une planche, mais comme il se rétracte d’au moins un demi centimètre dans chaque sens, le kraft craque et paf ! on se retrouve avec un parchemin en liberté, …et tout gondolé ! En fait, c’est un problème d’hiver, de chauffage central.

Il n’est jamais très lisse : c’est une peau de bête, et on retrouve les pores, les cicatrices de boutons (de varicelle ?), des pigmentations plus ou moins marquées selon les endroits, mais on arrive à atténuer ces inconvénients, en ponçant soigneusement la surface avant de travailler, et les différences de ton disparaissent sous les pigments. Et c’est très agréable de peindre sur une matière vivante, avec ses petits défauts.

Il coûte très cher, et il faut pratiquement aller le chercher chez le parcheminier pour « voir »    la peau avant de l’acheter  pour ne pas se retrouver avec une horrible peau de tambour, épaisse, raide et pleine de défauts…

C’est tout pour aujourd’hui. Je vais retrouver mon bout de parchemin. J’ai presque fini.

 

 



Mon futur parchemin :

 

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Jeudi 17 mai 2007

Je ne vous ai pas dit, mais pendant mon escapade à Paris pour le stage d’enluminures, j’en ai profité pour aller voir l’exposition de la Bibliothèque Nationale (Site Richelieu) de manuscrits anciens (antérieurs à l’an mille).

Je savais d’avance que je ne serai pas déçue, c’est vraiment la période qui m’intéresse le plus en ce qui concerne les enluminures, évidemment.

Je n’ai pas été déçue : une bonne soixantaine d’ouvrages anciens présentés ouverts à leur plus jolie page illustrée ; j’ai pu apprécier la chaleur des couleurs, la précision du trait au delà de la « naïveté » apparente du dessin ; j’aurais voulu tout garder en mémoire en détail, malheureusement, une fois sortie, pftttttt !! envolé tout ça…..  Je les retrouve sur le site http://expositions.bnf.fr/carolingiens/index.htm  ouvert exprès par la Bibliothèque Nationale, mais ce n’est pas pareil : on ne retrouve pas les couleurs pareil, et il faut drôlement faire fonctionner sa mémoire pour essayer de se rappeler la beauté de l’original !

C’est pour ça que j’aime peindre des enluminures, parce que je retrouve sur le parchemin le chatoiement, la gaieté et la lumière des vraies enluminures. Les peintres d’enluminures sont des bienfaiteurs de l’humanité !

Pour aller à l’exposition, j’ai marché du Centre Pompidou (près duquel se déroulait mon stage) jusqu’à la Bibliothèque Nationale, grâce à un itinéraire trouvé sur internet qui s’occupe aussi des piétons. Il m’avait dit 20 minutes de marche, c’est faisable, et j’ai bien fait pour plusieurs raisons :

D’abord, il n’a pas plu.

Ensuite, je suis passée par des coins que je ne connaissais pas du tout : je ne savais pas qu’il y avait un joli jardin derrière l’horrible forum des halles. Un peu plus loin, je suis passée par la galerie Vivienne, étonnant vestige de centre commercial du siècle dernier ! Pourvu que ce passage reste tel quel !

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Mardi 15 mai 2007

 

Oui, mais c’est aussi beaucoup (plus ?) de l’entraînement et surtout des trucs de techniques à rechercher inlassablement pour se perfectionner et ne pas rester dans les mêmes bégaiements.

J’étais donc en stage ce week-end pour aborder courageusement (il en faut) la peinture des végétaux dans les enluminures plus récentes (début du 16ème siècle).

Ce ne sont pas les enluminures que je préfère, elles sont presque trop sophistiquées pour moi. J’aime les enluminures anciennes, naïves et mal dégrossies (il serait plus juste de dire « paraissant » mal dégrossies quand je vois le mal que j’ai à les reproduire).

Mais j’étais contente d’apprendre cette nouvelle technique qui de toutes façons me reservira  dans bien des cas.

J’ai choisi ce modèle 

 

Première bonne surprise : le fond qui paraît orangé est en fait peint avec de l’or en poudre (ou en barre, moins cher, ou en or minéral, carrément bon marché)

Une fois qu ‘il est posé, le résultat est vraiment très beau. On est bien dans l’enluminure. J’étais contente d’être venue.

Ensuite les fonds.

Notre prof, Béatrice,  enlumineuse chevronnée et  chercheuse infatigable des méthodes médiévales de l’enluminure, nous explique comment poser la couleur du fond : « Une consistance de votre pigment, vous voyez, dense, mais en même temps léger ;  assez transparent pour voir vos traits, mais pas trop délayé, enfin vous voyez… » Pas facile d’expliquer avec des mots un « coup de main » ; pour le moment, on ne voit pas grand chose.

Heureusement, elle passe inlassablement de l’une à l’autre et nous montre par un coup de pinceau et la parole comment procéder. C’est le meilleur des cours.

Cela dit, moi aussi, j’essaie de lui corriger ses défauts : elle a la fâcheuse manie de sucer son petit pinceau pour l’humidifier « juste ce qu’il faut » pour estomper les traits trop nets. Quand on sait que la plupart des pigments naturels sont toxiques, elle va finir par attraper une maladie. Mais j’ai bien du mal ! Quand un mauvais pli est pris, c’est dur de se corriger.

Il faut broyer très très finement les pigments (plutôt deux fois qu’une) étant donné la finesse du travail demandé ; l’enluminure , c’est aussi toute une cuisine !

Puis, toujours sur ses indications, je démarre la peinture des baies. J’ai choisi une branche de « fragon » ; il semble que cela s’appelle « ruscus » maintenant, qui est une sorte d’arbuste qui peut être comparé au houx, mais sans les feuilles piquantes et qui donne des baies rouges (toxiques). Vous ne me croirez pas, il y a 5 couleurs différentes à utiliser pour réussir une baie bien appétissante qu’on n’a pas le droit de manger. Sur la photo de mon travail pas terminé, il y a une boule terminée par Béatrice pour que sache la marche à suivre ; vous saurez la reconnaître, je dois finir les autres de la même manière.

Idem pour les feuilles.

Pareil pour le papillon.

Il va falloir que je m’y remette. J’ai bien encore deux jours entiers de travail dessus.

par zab publié dans : enluminures
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